Zone 68 - Image

Soit un titre à l'arrache qui vaut son pesant de points d'interrogation.

Il ne dit rien.

Il en dit trop.

Trop peu de ces traumas, de ce mois de janvier 2015, de ce retour violent d’un refoulé dont l’on avait crû, naïvement et trop rapidement (70 ans ...), qu’il avait quitté définitivement le paysage mental de notre douce France.

Une nouvelle déferlante donc et plus guère d’illusions à se faire.

Ça sentait la guerre comme naguère ...

Alors la colère, les mots, ne pas céder, résister ...

On était nombreux ce dimanche de janvier, des milliers ... Tu y étais, forcément, tu ne pouvais qu’y être.

Tu m’as vu ...

Puis on s’est perdu de vue, emporté par la foule.

On savait que l’on se retrouverait, ailleurs.

Ça ne faisait guère de doute.

Et d’évidence, 4 mois, un soir en avril, on a tiré le fil.

Journal de guère, entre l’amour et la violence, entre hier et ce matin, entre la rupture et l’horizon ...

Parler du monde et de mon nombril avec la lancinante interrogation:

Pour qui ?

Pour quoi ?

Guerre au guère, sûrement.

Et crânement, alors, je poursuis l’écriture.

Je m’essuie le front.

Reporter de guère.


(2015. Ouverture. Etienne Daho)

 

° "Journal de guère" de Daniel Carrot (parution prochaine)